Scandale chez l’un un des plus puissants groupes pharmaceutiques de la planète

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Lors du rassemblement en faveur de la liberté vaccinale le 9 Septembre 2017 à Paris, nous avons rencontré Brandy Vaughan, anciennement cadre de haut niveau chez Merck, l’un des plus puissants groupes pharmaceutiques de la planète et elle l’a quitté après avoir compris que le Vioxx, médicament que vous aviez participé à commercialiser, avait finalement causé la Mort de plusieurs centaine de milliers de patients à travers le monde.

« Délit d’entraves à la justice » : c’est sur ce motif qu’une plainte pénale est déposée aujourd’hui à Paris par Me Didier Jaubert, pour une victime du Vioxx. Le plaignant est un homme, dont la parfaite santé sportive ne le prédisposait pas à souffrir à l’automne 2004 d’un infarctus – dont il a réchappé – et qu’il estime provoqué par la prise les mois précédents de cet anti-inflammatoire du laboratoire Merck and co (MSD).

Vendu comme un produit miracle et prescrit à tour de bras entre 2000 et 2004 pour soulager les douleurs de l’arthrose et des rhumatismes, sans effets gastriques indésirables, il pouvait aussi causer de graves effets secondaires cardiovasculaires (infarctus, AVC). Un risque multiplié par 5 que le laboratoire savait, mais a tus.

But de cette plainte, qui devrait rapidement être appuyée par la constitution de partie civile de l’Association d’Aide Aux Victimes des Accidents des Médicaments (A.A.A.V.A.M) et de familles, pour certaines mortellement touchées (lire ci dessous) : faire réouvrir une affaire « poussée un peu rapidement sous le tapis » selon les termes de l’avocat.

L’affaire a-t-elle été étouffée en France ?

Officiellement, le Vioxx n’a fait de mal à personne en France, où 500 000 personnes en ont régulièrement pris sur ces quatre années. Outre-Atlantique, il a été reconnu qu’il a provoqué des dizaines de milliers d’accidents cardiovasculaires et la mort d’environ 40 000 personnes. Le laboratoire a dû provisonner cinq milliards de dollars en 2005-2006 pour indemniser les victimes, puis verser, en 2011, 50 millions à l’Etat américain, qui l’a reconnu coupable de dissimulation. En France seules quelques expertises ont été diligentées, à la demande du tribunal de grande instance de Paris, où une trentaine de demandes d’indemnisation étaient déposées en 2010. L’une de ces victimes se souvient amèrement de l’épreuve, face à l’expert, le médecin et les avocats du laboratoire. « J’avais clairement l’impression que c’était dirigé contre moi », souffle-t-elle.

Le rapport remis en mars 2013 écarte d’ailleurs, pour tous, toute imputation du Vioxx . Avec un « un copié-collé de formules » qui fait encore bondir l’avocat. « Comment peut-on affirmer qu’aucune donnée ne permet de dire que ce médicament présentait plus de risques que les autres anti-inflammatoires  ? Neuf ans après son retrait mondial du marché, sous la pression des autorités sanitaires américaines ? »

L’affaire a-t-elle été étouffée en France  ? Un élément, révélé dans le récent ouvrage dénonçant les scandales à répétition liés aux effets secondaires des médicaments*, va dans ce sens, et permet de relancer l’affaire en justice. Il s’agit d’un conflit d’intérêt. Pharmacologue de renom, incontournable dans les affaires de médicaments, l’expert commis dans le dossier Vioxx n’a pas jugé bon de signaler qu’il avait précédemment travaillé pour l’avocat… du laboratoire Merck and co. Outre la plainte pénale, Me Jaubert compte réclamer de nouvelles expertises indépendantes. « Statistiquement, si je prends les chiffres les plus pessimistes des Etats-Unis, faisant état de 80 000 à 130 000 victimes des effets secondaires du Vioxx, rapporté à la France, on devrait avoir au moins 5 000 personnes pouvant prétendre à une indemnisation et autour de 2 000 décès. Soit autant que…le Médiator  ! »

Repères
Novembre 1998. Merck and co soumet un nouvel anti-douleur à l’autorité sanitaire américaine (FDA). Le Vioxx (Rofecoxib) est le premier d’une nouvelle classe d’anti-inflammatoires, les coxibs. Zéro mention des doutes soulevés par un scientifique, en interne, qui rapportait déjà un risque accru de complications cardiaques.

Mai 1999. Le Vioxx est autorisé aux Etats-Unis.

Mai 2000. Le Vioxx arrive en France. Aux Etats-Unis, on enregistre déjà des signalements d’accidents cardio-vasculaires.

Août 2001. Le Journal de l’association médicale américaine (JAMA) publie une synthèse de toutes les études disponibles, qui soulève de sérieux doutes. La FDA fait juste modifier la notice.

Septembre 2004. Merck and co retire subitement son produit du marché mondial. Plus de 2 millions de personnes dans plus de 80 pays l’ont utilisé. En France il est devenu le 10e médicament le plus remboursé. L’agence du médicament prend note du retrait conseillant simplement aux patients de consulter pour modifier leur traitement.

Novembre 2004. Les procès se multiplient aux Etats Unis.

2005-2006. L’association d’aide aux victimes de médicaments recense 250 à 300 décès en France, qui ne compte officiellement aucune victime. Les familles se joignent aux procès américain, qui les renvoient aux autorités judiciaires de leur pays « plus appropriées »

2011 . Le laboratoire est condamné à verser 950 millions à l’Etat fédéral américain pour « fausses déclarations sur la sécurité de son médicament aux fins d’augmenter ses ventes ».

Sourceshttp://www.leparisien.fr/laparisienne/sante/vioxx-le-reveil-d-un-scandale-01-04-2016-5677117.php et http://www.deborahdonnier.com/

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