Le « financier » présumé du génocide rwandais arrêté en France

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Un coup de tonnerre et beaucoup de questions : l’arrestation, près de Paris, de Félicien Kabuga, financier du génocide rwandais, a jeté une lumière crue sur la présence ancienne et la traque tardive de présumés génocidaires en France, qui resta jusqu’au bout l’allié du dernier régime hutu du Rwanda. Félicien Kabuga, 84 ans, fut l’une des pièces maîtresses du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, en mettant sa fortune et ses réseaux au service du financement des tueries, selon l’acte d’accusation de la justice internationale.

 

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a salué appelant le monde à localiser les sept derniers inculpés. Âgé de 84 ans dont 25 passés en cavale, Félicien Kabuga a été près de Paris, où il résidait sous une fausse identité.

«Nous espérons que grâce à cette réussite, tous les États redoubleront d’efforts et prendront les mesures nécessaires pour localiser les sept derniers inculpés, afin qu’ils puissent eux aussi être traduits en justice», a affirmé Michelle Bachelet dans un communiqué.

Elle relève également que cette arrestation, «26 ans après le génocide, souligne la longue portée de la responsabilité pénale internationale.»

 

Zones d’ombre sur le rôle de Paris :

Alain Gauthier et son épouse franco-rwandaise Dafroza – qui a perdu plusieurs membres de sa famille dans le génocide – ont commencé il y a 23 ans un travail solitaire et colossal en quête de justice. En 2001, ils ont cofondé le CPCR, avec l’objectif de déférer devant la justice française les personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide et qui ont trouvé un accueil souvent trop complaisant sur le sol français.

Ce volet est sensible car plusieurs personnes soupçonnées par Kigali d’avoir joué un rôle résident en France, comme Agathe Kanziga, veuve de Juvénal Habyarimana, que la justice française a refusé d’extrader en 2011. Elle est souvent présentée comme l’une des dirigeantes de l’akazu, le premier cercle du pouvoir hutu qui, selon ses accusateurs, a planifié et mis en œuvre le génocide.

 

Sept chefs d’accusation, dont celui de génocide :

Félicien Kabuga avait été inculpé en 1997 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sept chefs d’accusation, dont celui de génocide.

Il est notamment accusé d’avoir créé, avec d’autres individus, les milices hutu Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit, selon l’ONU, 800 000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

Il lui est également reproché d’avoir utilisé la Radio télévision libre des mille collines – qu’il présidait – pour renforcer la haine ethnique entre les Hutus et les Tutsis au Rwanda.

«L’affaire Kabuga et les effets de la propagande retransmise par la Radio télévision libre des mille collines rappellent avec force à quoi ces discours peuvent mener et pourquoi il est si important de s’y opposer», a soutenu Mme Bachelet.

Réfugié en Suisse en juillet 1994 avant d’être expulsé, Félicien Kabuga avait ensuite temporairement rejoint Kinshasa. Il avait été signalé en juillet 1997 à Nairobi, où il avait échappé à une opération destinée à l’arrêter, puis à une autre en 2003, selon l’ONG spécialisée TRIAL.

 

Source : https://www.ouest-france.fr/monde/rwanda/l-onu-salue-l-arrestation-du-financier-presume-du-genocide-rwandais-6840049 et https://www.ouest-france.fr/monde/rwanda/felicien-kabuga-arrete-pres-de-paris-la-france-terre-prisee-des-presumes-genocidaires-rwandais-6837780


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