Bolivie : le président Evo Morales démissionne après une vague de violences déclenchée par l’opposition, coup d’état orchestré par les USA ?

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Sous pression en raison d’une vague de violences et du retournement de l’armée et de la police, le président Evo Morales a démissionné. Après ceci Des scènes de violence ont éclaté à La Paz et à El Alto, une ville proche de la capitale bolivienne, Des manifestants ont notamment envahi l’ambassade du Venezuela.

 

L’AFP rapporte que plusieurs dizaines de personnes ont semé la terreur au cours de la nuit dans le quartier aisé d’Achumani, dans le sud de La Paz.

Au milieu de la nuit, des patrouilles de l’armée ont commencé à parcourir les rues de La Paz et d’El Alto, selon l’agence. En revanche, les policiers, dont de nombreuses unités s’étaient mutinées ces derniers jours contre le président Morales, n’effectuaient pas de patrouilles, sans que leur absence ne soit expliquée par leur commandement.

 

Attaque des domiciles d’Evo Morales et d’anciens ministres :

L’ancien président, dont la presse ignore où il se trouve à ce jour, a dénoncé l’attaque de son domicile, dans la nuit du 10 au 11 novembre : «Des groupes violents ont attaqué mon domicile. Les putschistes détruisent l’Etat de droit.»

Un ancien ministre, Juan Ramon Quintana, a également déclaré à la télévision que son domicile avait été pillé par des inconnus qui auraient emporté tous ses documents.

De même, le président de l’Assemblée nationale bolivienne, Victor Borda, a démissionné le 10 novembre après l’incendie de son domicile par des manifestants, tandis que César Navarro, ministre des Mines démissionnaire, a déclaré que son frère avait été pris en otage à son domicile de Potosi (sud-ouest).

En outre, Waldo Albarracin, recteur de l’université d’Etat de La Paz et à la tête d’un collectif de citoyens qui a œuvré aux demandes de démission d’Evo Morales, a déclaré que sa maison avait été incendiée et détruite par «une foule» de membres du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d’Evo Morales.

L’ambassade du Venezuela occupée par des manifestants cagoulés :

Egalement dans la capitale, le siège de l’ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants. L’ambassadrice du Venezuela Crisbeylee Gonzalez a déclaré à l’agence de presse bolivienne ABI : «Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l’ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous allons bien et sommes à l’abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie».

Le 11 novembre, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait condamné «catégoriquement le coup d’Etat survenu contre le frère président Evo Morales», de même que le chef d’Etat cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a évoqué un «coup d’Etat violent et lâche de la droite contre la démocratie en Bolivie».

Evo Morales dénonce un «coup d’Etat civil-politique-militaire» : 

Dénonçant un «coup d’Etat civil-politique-militaire» avec le concours de groupes violents, Evo Morales a présenté sa démission ce 10 novembre. Le président socialiste, dont la réélection est contestée par l’opposition, avait d’abord proposé, en vain, de nouvelles élections pour sortir de la crise et lever les doutes. Mais, lâché par l’armée et la police, il a finalement exposé les raisons de son départ lors d’une allocution télévisée : «J’ai décidé de démissionner de mon poste pour que [les opposants] Carlos Mesa et Luis Camacho cessent de maltraiter et de porter atteinte à des milliers de frères.» Rappelant ses responsabilités en tant que «président indigène et président de tous les Boliviens», il a ajouté : «J’ai l’obligation de rechercher la paix et cela me fait très mal que nous nous affrontions entre Boliviens.»

L’opposition ne reconnaît pas les résultats de l’élection présidentielle du 20 octobre qu’Evo Morales déclare avoir remportée dès le premier tour.

 

Coup d’état US ? :

Ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Maurice Lemoine s’est exprimé sur RT France ce 11 novembre au sujet de la démission d’Evo Morales en Bolivie. Pour ce spécialiste de l’Amérique latine, cela ne fait aucun doute :

«On est face à un coup d’Etat […] à caractère fasciste.» Précisant qu’il n’utilise pas souvent ce terme, à «manier avec précaution», le journaliste explique que, parmi les «protagonistes du coup d’Etat […] Luis Fernando Camacho [l’un des principaux leaders de l’opposition] appartient à l’extrême droite raciste».

 

Faisant écho à Morales, certains de ses alliés latino-américains de gauche ont qualifié la tournure des événements de «coup d’État», notamment le président vénézuélien Nicolas Maduro, le Brésilien Lula (libéré la semaine dernière) et le président élu argentin Alberto Fernandez. Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a déclaré que son pays offrirait l’asile à Morales s’il le demandait.

 

L’ex-dirigeant équatorien Correa dit que le Bolivien Morales a été expulsé lors d’un «coup d’État» et que l’OEA est «un instrument de la domination américaine» :

L’ancien dirigeant de l’Equateur Rafael Correa a déclaré que la démission du président bolivien Evo Morales était le résultat d’un coup d’Etat et que les événements auraient pu se terminer dans une violence pire si le dirigeant socialiste ne s’était pas retiré.

«Bien sûr qu’il y a eu un coup d’État», a déclaré Correa à RT Spanish dans une interview exclusive lundi, expliquant qu’une telle insubordination des forces armées du pays «ne peut exister dans un Etat de droit constitutionnel» ou une démocratie. «Si Evo Morales n’avait pas démissionné, il y aurait eu un bain de sang parce qu’il n’y avait pas d’ordre public», a-t-il déclaré.

Il ne peut y avoir de véritable démocratie tant que les arbitres ne sont pas les citoyens et «pas les militaires», a dit Correa, ajoutant qu’il ne serait pas surpris qu’il y ait des forces étrangères derrière les efforts pour chasser Morales.

Correa a déclaré que l’Organisation des États américains (OEA), qui a encouragé Morales à appeler à de nouvelles élections, n’a pas condamné les événements en Bolivie socialiste parce que la démocratie n’est valable que si elle sert les intérêts de la droite.

«Vous pouvez voir les deux poids, deux mesures qui existent dans tout cela. Pour la droite, la démocratie est valable tant qu’elle répond à ses intérêts», a dit Correa. Quand ces intérêts cessent d’être satisfaits, soudain la démocratie ne suffit plus et «la situation doit être changée en sang et en feu, comme nous le voyons en Bolivie».

Correa a déclaré que le peuple bolivien a connu la dignité et la prospérité sous la direction de Morales et qu’après les récents événements, les peuples d’Amérique latine seront bientôt convaincus que l’OEA est «inutile» et n’est qu’«un instrument de la domination américaine».

 

La diplomatie russe a dénoncé ce 11 novembre les violences orchestrées par l’opposition en Bolivie pour forcer le président Evo Morales à la démission, des événements qui rappellent, pour Moscou, «le scénario d’un coup d’Etat» :

«Une vague de violences déclenchée par l’opposition a empêché [Evo] Morales d’achever son mandat présidentiel», a déploré le ministère russe des Affaires étrangères ce 11 novembre.

Moscou a estimé que l’exécutif bolivien «voulait une solution sur la base d’un dialogue politique, mais à la place les événements ont pris une tournure rappelant le scénario d’un coup d’Etat».

Faisant état de sa «préoccupation», la diplomatie russe a appellé toutes les forces politiques boliviennes à trouver «une voie constitutionnelle pour sortir» de la crise.

Des «milliers» de comptes Twitter génériques nouvellement créés défendent le «coup d’État de droite» en Bolivie :

La démission d’Evo Morales a apparemment déclenché une bataille de l’information sur les médias sociaux, un journaliste affirmant que d’innombrables robots Twitter diffusent des points de discussion de tendance droite sur le récent bouleversement politique de la Bolivie.

«Il y a des milliers de comptes de robots qui traînent à la traîne tous ceux qui twittent sur le coup d’Etat de droite en Bolivie… Il y a une grosse opération en cours ici», a tweeté Ben Norton, un journaliste et rédacteur adjoint du Grayzone Project. Il a noté que les comptes ont des formules de traitement consistant en un nom commun suivi d’une série de chiffres. Les captures d’écran montrent des messages anti-Morales postés par de nouveaux comptes avec seulement une poignée de tweets.

 

Carlos Mesa, l’opposant à Morales pendant l’élection présidentielle, a une relation intime avec les États-Unis : 

Le principal opposant de Morales, Carlos Mesa, a été président de la Bolivie de 2003 à 2005. Les hostilités des États-Unis contre la Bolivie n’ont cessé d’augmenter depuis que Mesa a quitté ses fonctions et il est le candidat préféré de Washington.

Les communications entre Mesa et les autorités américaines sont révélées par WikiLeaks :

 

L’intégralité est consultable ici : https://wikileaks.org/plusd/cables/08LAPAZ2311_a.html

 

 

La secrétaire d’État américain Mike Pompeo se félicite du départ d’Evo Morales :

 

«Soutient total aux conclusions du rapport de l’ OEA recommandant de nouvelles élections en Bolivie pour assurer un processus véritablement démocratique représentatif de la volonté du peuple. La crédibilité du système électoral doit être restaurée.»

Sa déclaration complète :

 

 

Trump «applaudit» l’armée bolivienne après le départ de Morales. Également un «signal» au Venezuela :

Les Etats-Unis ont commenté la démission d’Evo Morales, forcée par une spirale de violences et par le retournement de l’armée en Bolivie. Donald Trump voit dans ces événements «un signal fort» aux pays ennemis de Washington dans la région.

«La démission hier [le 10 novembre] du président bolivien Evo Morales est un moment important dans l’Hémisphère ouest […] Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua [tous deux dirigés par des gouvernements socialistes] que la démocratie et la volonté du peuple triompheront toujours», a commenté Donald Trump dans un communiqué de presse publié le 11 novembre. «Les Etats-Unis applaudissent le peuple bolivien pour avoir réclamé la liberté, et l’armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger, pas simplement une seule personne, mais la constitution de la Bolivie», poursuit le texte de la Maison Blanche. Et Washington de conclure : «Nous sommes désormais un peu plus proches d’un Hémisphère ouest complètement démocratique, prospère, et libre.»

Mise à jour du 12/11/2019 : Le média numérique bolivien Erbol a publié une série de 16 enregistrements audios impliquant directement les dirigeants de l’opposition, organisant un coup d’État contre le gouvernement du président Evo Morales, qui aurait été coordonné par l’ambassade américaine dans le pays.

Selon les médias, les sénateurs américains Ted Cruz, Marco Rubio et Bob Menéndez seraient impliqués dans le plan , en restant en contact direct avec l’opposition en Bolivie afin de parvenir à un éventuel changement de régime dans le pays. De même, Manfred Reyes Villa , officier à la retraite et ancien préfet de Cochabamba et demandeur d’asile aux États-Unis après avoir été accusé de corruption en 2009 , a également été cité comme l’un des architectes de l’opération de coup d’État à l’étranger.

Les audios mentionnent également des appels de leaders de l’opposition à brûler les bâtiments du parti gouvernemental et à organiser une grève générale à travers le pays. Dans tout cela, une éventuelle attaque contre l’ambassade de Cuba serait inclus , très similaire à ce qui s’était passé lors du coup d’État contre le président du Venezuela, Hugo Chavez, en 2002.

Les médias locaux soulignent que le plan déstabilisateur aurait été coordonné par l’ambassade américaine en Bolivie avant les élections et citent les sénateurs américains Ted Cruz et Marco Rubio, qui auraient des contacts directs avec l’opposition bolivienne dans le cadre de la stratégie. de renversement de Morales.

Le plan était axé sur le fait que si Evo Morales remportait les élections du 20 octobre, un gouvernement de transition civilo-militaire serait mis en place. Le nouveau gouvernement alléguerait des fraudes dans le processus électoral et ne reconnaîtrait pas la victoire électorale de Morales.

Dans des audios divulgués par des plates-formes sociales, les dirigeants de l’opposition ont appelé à incendier les bâtiments du parti gouvernemental, à organiser une grève générale dans tout le pays et à attaquer l’ambassade de Cuba dans le pays.

La publication des enregistrements survient au beau milieu de la crise politique qui a suivi le triomphe électoral d’Evo Morales, accusé de fraude par l’opposition.

Il y a quelques semaines, dans un discours, le président Evo Morales avait évoqué des prétendus projets de coup d’État et indiqué que son gouvernement disposait des enregistrements. Ni l’opposition ni l’ambassade des États-Unis n’ont fait référence à la fuite des audios.

Les enregistrements audio et leur description sont sur le site.

 

 

Evo Morales s’oppose à l’impérialisme américain en Amérique latine :

Comme à l’accoutumée, la couverture médiatique de cette affaire par les médias est en plein accord avec le département d’État américain, le secrétaire d’État Mike Pompeo avançant également la thèse «d’une élection disputée» sur Twitter peu avant la démission de Morale. M. Pompeo a cité l’allégation sans preuves et discréditée d’un décompte des voix suspectes lors de la réélection de M. Morales le mois dernier à l’Organisation des États américains (OEA), basée à Washington. Comme l’explique Mark Weisbrot du Center for Economic & Policy Research dans un article paru récemment dans The Nation, l’OEA reçoit 60 pour cent de son financement de Washington, ce qui donne aux États-Unis une influence considérable sur cet organisme soi-disant neutre et international.

L’empire centralisé des Etats-Unis ne cesse de lancer des tentatives de coup d’Etat aux gouvernements non accaparés . Le coup d’État au Venezuela a échoué en 2002 et en 2019, mais ils continueront à le tenter jusqu’à ce qu’il se produise.

Et l’empire peut se le permettre. Lorsque vous avez tous les pouvoirs et toutes les ressources, vous pouvez attendre votre heure, sachant que si la tentative actuelle de renverser le gouvernement d’une nation souveraine échoue, il y a toujours demain.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies l’année dernière, le président Morales a résumé très précisément la véritable nature du rôle de l’Amérique dans le monde, et il s’avère qu’il l’a fait de manière très pressante.

«Je voudrais vous dire, franchement et ouvertement ici, que les États-Unis n’ont aucun intérêt à défendre la démocratie, a dit M. Morales. « Si tel était le cas, elle n’aurait pas financé les coups d’État et soutenu les dictateurs. Il n’aurait pas menacé d’intervention militaire des gouvernements démocratiquement élus comme il l’a fait avec le Venezuela. Les États-Unis ne se soucient pas du tout des droits de l’homme ou de la justice. Il n’aurait pas menacé le mécanisme d’enquête de la Cour pénale internationale, il n’aurait pas non plus encouragé le recours à la torture et il ne se serait pas écarté du Conseil des droits de l’homme. Et il n’aurait pas non plus séparé les enfants migrants de leur famille, ni les mis en cage.»
«Les États-Unis ne s’intéressent pas au multilatéralisme, a poursuivi M. Morales. S’il s’intéressait au multilatéralisme, il ne se serait pas retiré de l’Accord de Paris ou du pacte mondial sur les migrations, il n’aurait pas lancé d’attaques unilatérales, ni pris de décisions telles que de déclarer illégalement Jérusalem capitale d’Israël. Ce mépris du multilatéralisme est motivé par la soif de contrôle politique et de confiscation des ressources naturelles des États-Unis.»
«Chaque fois que les États-Unis envahissent des pays, lancent des missiles ou financent un changement de régime, ils le font derrière une campagne de propagande qui répète sans cesse le message qu’ils agissent au nom de la justice, de la liberté et de la démocratie, au nom des droits humains ou pour des raisons humanitaires», a ajouté Mme Morales.
«La responsabilité de notre génération est de transmettre un monde plus juste et plus sûr à la génération suivante», a conclu Morales. «Nous ne réaliserons ce rêve que si nous travaillons ensemble pour consolider un monde multipolaire, un monde avec des règles communes qui soient respectées et défendues contre toutes les menaces qui pèsent sur les Nations Unies.»

Vidéo en Anglais : 

 

En effet, la seule raison pour laquelle les Etats-Unis sont capables de mener leur interminable campagne de changement de régime contre les gouvernements non absorbés est que l’ordre mondial unipolaire qu’ils gouvernent leur a permis d’avoir le pouvoir, les ressources et les loisirs pour le faire. Un monde multipolaire permettrait aux citoyens de cette planète d’avoir leur mot à dire sur ce qui leur arrive d’une manière qui n’est pas dictée par quelques sociopathes à Washington et dans ses environs. Un monde multipolaire est à la démocratie ce qu’un monde unipolaire est à la monarchie. Les citoyens du monde devraient s’opposer à cette unipolarité.

 

Source : https://francais.rt.com/international/67782-incendies-attaque-domiciles-chaos-bolivie-apres-coup-etat-denonce-par-evo-moraleshttps://francais.rt.com/international/67795-on-est-face-coup-d-etat-a-caractere-fasciste-bolivie-selon-maurice-lemoinehttps://www.rt.com/news/473156-correa-morales-coup-oas/https://francais.rt.com/international/67784-moscou-vague-violences-declenchee-par-opposition-a-pousse-evo-morales-demissionhttps://www.rt.com/news/473119-bolivia-morales-twitter-bots-coup/https://theantimedia.com/msm-adamantly-avoids-the-word-coup-in-bolivia-reporting/https://themindunleashed.com/2019/11/facts-military-coup-bolivia.htmlhttps://www.fawkes-news.com/2019/11/les-etats-unis-une-fois-encore.html et https://francais.rt.com/international/67801-trump-salue-armee-bolivienne-estime-depart-morales-envoie-signal-venezuela

Traduction des liens anglophones : ExoPortail


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